mercredi 8 septembre 2021

Laurent DEBEURNE (RCS Escanaffles A): "Un groupe réceptif"

Après de précédentes expériences fructueuses à Néchin, Obigies et Saint-Jean, Laurent Debeurne entame un nouveau cycle à la tête de l'équipe première du Royal Cercle Sportif d'Escanaffles.  




Ca se met en place

Nouveau projet, nouveau groupe avec beaucoup de nouvelles têtes. Est-ce pour cette raison que l'équipe a été oubliée par les autres coachs dans les pronostics d'avant-saison? Pas même dans les possibles révélations... Ce n'est pas Laurent qui se plaindra de cet anonymat, que du contraire! Il va se faire un plaisir de bosser discrètement dans l'ombre et d'en surprendre plus d'un... Il tire déjà un bilan positif des premières semaines dans son nouvel environnement: "J'ai trouvé ici de bonnes conditions de travail, Escanaffles est un club stable. Et les joueurs sont réceptifs, très à l'écoute."



Des regrets face au Pays Blanc

Le bilan chiffré du début de championnat est plus que correct, avec deux victoires probantes en déplacement, et une défaite de justesse face au grand favori antoinien: "À Thumaide lors de la journée initiale, ce ne fut pas évident. Philippe Labie est un filou, et il a bien caché son jeu en avant-saison. Je n'ai pas réussi à obtenir d'infos. Menés 1-0 à la pause, nous avons sorti une bonne deuxième mi-temps et émergé à l'heure de jeu." S'en est donc suivi un gros test face au Pays Blanc B: "Une défaite qui me laisse des regrets. Nous manquons deux face-à-face à 0-0, et loupons une grosse occasion d'égaliser en fin de match. Sans rien enlever aux mérites et à la qualité de l'adversaire, je pense notamment à Thomas Boucart qui nous a fait mal, et à Florian Carbonnelle, que nous avons trop laissé jouer. Mais si je regarde dans notre assiette, nous avons manqué de cohérence et n'avons pas tous tiré dans le même sens ce soir-là. Face à une telle dose d'expérience, cela se paye cash".



Notre match référence

Tirer les leçons de ses échecs permet de grandir, et c'est précisément ce qui s'est produit à l'occasion du derby de l'entité celloise: "À Velaines, les gars ont répondu de la meilleure manière et apporté ce qui avait manqué la semaine précédente: l'esprit de groupe, le collectif, se battre l'un pour l'autre. J'avais insisté sur cet aspect à la causerie: pour gagner un derby, il importe d'être présent dans chaque duel. C'est ce que nous avons fait, à 15, les remplaçants ayant efectué leur part de travail. Tous les ingrédients étaient réunis, nous tenons notre match référence." 



On ne sent pas une culpabilité excessive chez Laurent d'avoir quelque peu gâché la fête des voisins qui inauguraient leurs tout nouveaux projecteurs LED: "Bon terrain, belles installations, bonne inauguration, j'ai bien aimé l'éclairage!", glisse-t-il malicieusement.



Frédéric Vandevelde, ex-coach et membre du Comité Sportif: "Je pense que nous avons trouvé en Laurent la personne idéale pour le club, avec lequel il veut progresser. Il s'investit à 200% dans son coaching, et fait passer l'esprit de groupe avant les qualités individuelles. Personnellement, j'ai toujours travaillé dans cette optique également, c'est peut-être pour ça que nous avons toujours entretenu des rapports cordiaux en tant qu'adversaires sur le terrain ou à côté. Laurent est quelqu'un de simple, mais il ne faudrait pas oublier qu'il est par exemple parvenu à faire monter Saint-Jean en P3... Nous avons examiné ensemble ce qu'il fallait pour compléter le noyau après les quelques matchs disputés la saison dernière, il a ramené des joueurs et nous avons encore eu de belles surprises en plus. Sincèrement, je pense que nous pourrons mener à bien notre projet qui court sur trois ans."




Kévin Wallez: "Plusieurs clubs m'ont contacté quand j'ai annoncé mon départ d'Hérinnes. J'ai opté pour Escanaffles d'une part car je garde un bon souvenir de mon premier passage, et d'autre part car je sais qu'avec tous ses filons, Laurent construira un groupe qui tient la route, et surtout j'apprécie sa psychologie."



Adrien Vandevoorde: "Laurent est fort dans la communication, il accorde beaucoup d'importance à l'état d'esprit. C'est quelqu'un qui s'intéresse à chaque personne. Ses entraînements sont bien ficelés et ses matchs bien préparés. Sur les phases arrêtées, par exemple, il a déjà mis quelques combinaisons au point."



Quentin SIWIK arrive du FC Linselles et viendra prochainement renforcer le secteur offensif des Sucriers!


jeudi 2 septembre 2021

Jonathan KRYS préface le derby de P1 entre Molenbaix et Beloeil

Tandis que Biévène et le Pays Blanc en découdront dans l'espoir de garnir leur besace, la rue du Château de Molenbaix sera le théâtre d'un affrontement entre deux prétendants aux premières places de notre P1. Qui n'ont pas loupé leur départ: un 6/6 pour Molenbaix, une victoire et un bon nul pour Beloeil. Nous avons demandé à Jonathan Krys, coach de Péruwelz dans cette même série, de dresser le décor de cet alléchant derby. Coup d'envoi dimanche 17h30.



Duel de frères


© dhnet.be

"En plus de la rivalité locale, ce match est très particulier pour deux coachs qui sont liés par une grande amitié. Ce qui donne encore davantage l'envie de se surpasser! Ils se connaissent par coeur, je pense que le match se jouera sur un aspect tactique. Molenbaix est en pleine confiance, sur sa lancée de deux premières victoires, et avec une impressionnante armada offensive. Beloeil reste sur un bon point à Soignies."

Le 3-5-2 de Seb Terlin


© dhnet.be

"Ce système de prédilection de Seb peut être efficace sur le petit terrain étroit de Molenbaix. À condition de disposer des forces vives afin de pouvoir aligner les joueurs appropriés à leurs postes, comme Chris Nzuzi. Je pense que ce serait une erreur de chercher à s'adapter aux forces offensives locales. Ne pas se calquer sur leur schéma de jeu, mais au contraire essayer de les mettre en difficulté en jouant sa propre carte. Ce système peut faire merveille, même s'il est clair que Molenbaix sera difficile à aller chercher: deux attaquants mobiles qui gênent la reconstruction et multiplient les déplacements, un triangle axial capable d'être inversé à tout moment. Julien Vanveuren avec son impact, sa mobilité, son abattage est capable de reconversions B-B+ rapides. Je connais moins ses nouveaux partenaires par contre."

Les atouts offensifs de Fred Debaisieux



Photo Bernard Libert (Nord-Éclair)

"Tony Dubois, Axel Hustache, Clément Petit, Florian Dezitter, Momo Sylla, et d'autres encore, Fred Debaisieux dispose de profils différents en fonction desquels il peut adapter et varier sa stratégie. Selon qu'il a plus besoin de vitesse, ou de quelqu'un capable de garder le ballon, c'est un gros atout. De plus, actuellement, tout le monde marque (déjà 8 buts en championnat). Ils sont en pleine bourre. Beloeil devra tenter de les réduire à un jour sans par une contrainte éventuelle, comme un press haut ou via les phases arrêtées. Il faut voir comment la défense et le milieu de terrain vont se comporter dans une situation plus complexe. Même si le noyau comporte des valeurs sûres d'expérience, comme Rémi Keromest ou Fiston. Et Antoine Vandenhove a déjà confirmé en deux journées tout le bien qu'on pense de lui."

Très serré? 

"Molenbaix aura l'avantage du terrain, qu'il connaît dans les moindres recoins. Seb n'aura pas peur de la force offensive visitée, il dispose avec Ludo Bronier et Alan Lericque entre autres de défenseurs intelligents, et d'un duo de gardiens ayant l'expérience de la Nationale. Dans un derby, la pièce peut tomber d'un côté ou de l'autre sans que la victoire soit forcément méritée. Concentration, organisation et... chance seront autant de paramètres déterminants. Une balle perdue, une décision arbitrale, ce sont les petits détails qui risquent de faire la différence."

Christophe ERGO (RFC Wiers A): "Avec nos armes, nous pouvons prendre des points"

 De l'importance du rebond

"Il n'y a qu'une réponse à la défaite, et c'est la victoire". Cet aphorisme célèbre de Sir Winston Churchill ne concernait évidemment pas le football dans l'esprit de son auteur, mais il peut toutefois s'y appliquer. L'équipe première du RFC Wiersien vient de l'illustrer de spectaculaire façon. Sèchement battue (1-4) lors de la journée initiale par l'équipe B de la R.E. Acren-Lessines, elle s'est remarquablement reprise en s'imposant avec le même écart (0-3) sur la pelouse de l'AC Anvaing, ce qui était tout sauf évident.

Même si Christophe Ergo reconnaissait un parfait réalisme et une grande part de réussite dans ce large succès, ces critères nous ont semblé insuffisants pour expliquer une telle métamorphose. Nous avons donc cherché à en savoir un petit peu plus sur le travail psychologique et tactique effectué dans le courant de la semaine séparant ces deux rencontres aux visages et aux résultats diamétralement opposés.

C'est dans cette optique que nous avons contacté le (ou plus exactement l'un des, puisque Christophe partage cette tâche avec Michaël LIÉTARD) coach des Mauves, qui nous livre quelques pistes d'explication...



Christophe, comment Michaël et toi avez-vous travaillé vos gars pour obtenir une réaction aussi rapide et efficace?

Un travail essentiellement mental évidemment. Pour les remettre en confiance. Nous avons rappelé notre match référence, en Coupe du Hainaut à Honnelles, où nous avions livré une bonne partie, avec un bloc bas, en serrant les lignes et en veillant à ne pas laisser d'espace dans notre dos. Contre la Real, nous avons voulu jouer plus haut, mais avons vite été débordés, faute de la plus élémentaire rigueur. Nous souhaitions mettre en place un jeu de possession mais, au contraire, ce fut un festival de longs ballons vers Clément Stevens. C'était aussi le premier match de compétition à domicile; pour nos jeunes médians, mon fils Jules, 18 ans, et Dorian Decaluwé, 19, il n'était pas simple de confirmer leur belle prestation honnelloise.

Le moral de certains semblait en effet bien bas lors du premier match. Vous avez dû spécialement appuyer sur la mentalité?

En effet, nous avons dû déplorer quelques réactions négatives, dues à la frustration, surtout par rapport aux jeunes. L'état d'esprit était déjà bien meilleur à Anvaing. Nous avons quelques "anciens" dans le groupe, Clément Stevens, Aziz Abidelah, Taylor Rousseau, Maxime Dubruille; ils doivent comprendre que c'est en guidant positivement les plus jeunes qu'ils vont les aider à progresser. Quant à ceux-ci, devenus titulaires plus tôt que prévus, à eux de confirmer qu'ils méritent leur place.

Assurément quelques aménagements tactiques ?

Nous avons récupéré Noah Vanleynseele, 19 ans lui aussi, en défense centrale. Il apporte de la vitesse à ce secteur. De ce fait, Mathias Castelain a pu avancer d'un cran et, avec les jeunes qui courent à côté de lui, distiller de bonnes passes. 

Templeuve et Enghien arrivent sur votre route, ce ne sera pas simple de confirmer...

C'est clair que Templeuve reste un prétendant malgré son faux départ, et qu'Enghien est annoncé costaud. Ce sera très compliqué, mais nous prendrons match par match. Les Templeuvois vont venir le couteau entre les dents. Ils ont besoin de points, mais de notre côté nous voulons continuer à en prendre. En jouant avec nos armes, nous pouvons obtenir des résultats...



Un petit mot sur la collaboration avec Michaël? Les rôles respectifs sont bien définis?

Sincèrement, ça se passe très bien. On discute régulièrement, nos avis se rejoignent souvent, mais nous tirons également profit de visions différentes. On fait pour un mieux, dans une bonne entente. Le coaching en bord de terrain, c'est plutôt mon rayon, tandis que Michaël prend des notes, envisage les changements éventuels, ce qu'il faut corriger, etc.


Le regard de Taylor ROUSSEAU, gardien et capitaine



                                                                                                                                                      Photo Daniel Wangermée

Taylor, vous avez dû vous poser pas mal de questions au sortir du match contre la REAL?

Ce fut effectivement très compliqué contre Lessines. S'est-on mis trop de pression? Le système de jeu était bien défini à la théorie, mais pas du tout traduit sur le terrain. Trop d'espace entre les lignes, un bloc désorganisé. Même si on s'est créé quelques occases, les joueurs de qualité en face se sont fait plaisir, apportant le surnombre dans le milieu. On s'est forcément posé des questions, surtout qu'on sortait d'un bon match à Honnelles, avec une mentalité adéquate. Même si on savait que la série serait relevée, une désillusion d'entrée avec une totale désorganisation a fatalement trotté dans les têtes.

Une réaction immédiate était nécessaire, vous ne vous êtes pas contentés de le dire, vous l'avez fait...

Le mardi, les coachs, et moi-même en tant que capitaine avons remotivé les troupes et invité chacun à relever la tête. Ce n'était jamais qu'un premier match, il convenait de se remettre tout de suite au travail, respecter ce que demandent les coachs et les anciens. Ce dimanche, nous avons montré une très bonne mentalité et fait preuve d'organisation. Certes, nous n'avons pas proposé un football chatoyant, je m'en suis d'ailleurs excusé auprès du capitaine anvinois, mais nous jouons avec nos armes. Il faut aussi le temps que les automatismes se mettent en place. Notre noyau va encore s'étoffer avec l'arrivée de quelques Français en cours d'affiliation. La concurrence va augmenter avec le nombre, car il n'est pas bon que certains croient leur place acquise. Ce mardi, nous étions une quinzaine à l'entraînement, c'est chouette. Templeuve va arriver le couteau entre les dents, il faudra qu'on soit là, aussi exemplaires.



Comment vivez-vous la collaboration entre vos deux entraîneurs?

Il n'y a pas de T1 et de T2, c'est plutôt un duo de coachs. Christophe a une expérience de joueur au haut niveau, et d'entraîneur, à la Montkainoise et avec les Espoirs de Péruwelz notamment. Il est fort dans la communication, parle beaucoup aux jeunes, tape du poing sur la table quand il le faut. Michaël a un profil plus à l'écoute des joueurs; il participe d'ailleurs aux séances, quand nous sommes un nombre impair par exemple. Son vécu de joueur en P1 apporte un plus au groupe. C'est aussi lui qui gère plus spécifiquement les phases arrêtées, déterminant les zones à occuper ou les lignes de course.




vendredi 27 août 2021

Benjamin Legat (JS Wez-Guignies): "Trois points d'avance sur le programme"

L'équipe de Wez-Guignies a déjoué les pronostics des suiveurs pour son premier match en allant l'emporter sur les terres des Diables Rouges de Rongy. L'occasion pour nous de faire plus ample connaissance avec son coach.




Benjamin LEGAT, 44 ans, entame sa troisième saison à Wez. Dès son arrivée, il permet au club d'accéder à la P3. Une promotion que Benjamin avait déjà connue à Havinnes, où il est resté 5 ans. Ancien gardien de but, il a terminé sa carrière de joueur à Ère sous les ordres de Michaël Dutrieux.  Comme beaucoup, il a fait ses premiers pas dans le coaching chez les jeunes, U15 et U17 à Havinnes et U21 à Ère.


 Nicolas Decruyenaere évoque la victoire à Rongy et nous parle de son coach




"C'est effectivement une très belle victoire. Nous avons été menés au score assez rapidement, mais nous n'avons pas baissé les bras et avons pu inverser la tendance jusqu'à mener 1-3, avant d'encaisser un second but à l'approche immédiate du repos. Loin de nous démobiliser, nous sommes restés calmes et soudés. La deuxième mi-temps a été plus compliquée. Julien Tambour a fait rentrer Derdour et Broccolichi, et nous avons subi les assauts incessants des Rongyciens. À un quart d'heure du terme, l'arbitre leur a accordé un pénalty et exclu notre défenseur pour sa faute de main. Heureusement pour nous, le poteau a repoussé l'essai de Maxence Delval. À partir de ce moment-là, nous avons opposé un bloc aussi bas que solidaire, et nous aurions même pu nous mettre à l'abri sur l'un ou l'autre contre."

"Peut-être Rongy a-t-il pris ce match un peu à la légère et s'est-il vu trop beau? De notre côté, nous sommes arrivés avec 16 guerriers qui n'ont rien lâché de la première à la dernière minute. Nous formons une vraie équipe de copains, il n'y en a pas un au-dessus de l'autre."



"Benjamin Legat est un coach que j'ai eu en jeunes à Ère. Il est très bien; ce que j'aime chez lui, c'est qu'il arrive à faire la part des choses entre les moments où il faut travailler sur le terrain, et en dehors où on peut déconner. Tactiquement, ses consignes sont toujours très claires avant le match, tout comme le système."

"Au niveau de la préparation, très peu de séquences sans ballon. Il arrive à nous faire travailler physiquement avec. Ce qui est chouette également, c'est que nous avons un T2, Stéphane Roman, qui donne l'entraînement de temps en temps. Il nous apporte une autre manière de travailler, ce qui évite la monotonie sur le long terme."


Entretien avec Benjamin LEGAT


Benjamin, une heureuse surprise pour commencer à Rongy. Une série difficile, la P3A?

Compte tenu du potentiel des individualités présentes en face, prendre un point était déjà beau, c'est dire notre satisfaction de l'avoir emporté! Nous ne nous emballons pas pour autant. Dans la série, il y aura bien d'autres adversaires aussi compliqués que Rongy. Je pense entre autres à Néchin, la Squadra, le Pays Blanc bien sûr. On va commencer chaque match pour prendre quelque chose, avec l'objectif de se sauver le plus vite possible. Pour y arriver, l'esprit de groupe sera capital. Savoir accepter d'être sur le banc par exemple.


Un coach qui a... le vent en poupe!


Nico Decruyenaere parle de guerriers sur le terrain. Ce premier match vous coûte déjà 7 cartes jaunes. Ces nombreuses sanctions ne risquent-elles pas de vous handicaper à moyen terme?

Il est vrai que nous avons pris beaucoup de cartes, mais jamais pour des fautes méchantes. On y est presque obligé face à des adversaires plus expérimentés et capables de faire la différence individuellement. Si on les respecte trop, on ne joue pas avec... Mes joueurs gagnent en maturité et en confiance dans ce genre de rencontres.



Il évoque aussi en parlant de toi des consignes claires et une stratégie bien maîtrisée. As-tu un système de prédilection? 

Je dispose le plus souvent mes pions en 4-3-3, mais je suis flexible. En fait, j'aime bien prendre mes renseignements sur l'adversaire. Pour ce match d'ouverture, j'ai été bien tuyauté par François Échevin, le coach d'Esplechin. Face au 3-5-2 mis en place par Julien Tambour, j'ai surtout voulu densifier mon entrejeu, avec pour consigne de toujours rester bien compact. Je craignais un peu qu'ils ne nous enfoncent avec la descente, mais finalement nous avons fait notre meilleure mi-temps avec la montée. On a profité de nos reconversions offensives, tout en proposant quelques belles constructions en triangle.

Tes joueurs apprécient aussi la collaboration avec ton adjoint, Stéphane Roman...

Avec Pitch, nous formons un vrai binôme, on s'entend super bien. Lui plus calme, moi plus nerveux. Stéphane a joué à l'Enclus, et apporte son expérience au groupe. Quand je fais les postes, c'est lui qui assure les séances. Ce qu'il fait avec un grand sens de l'organisation, c'est franchement top!

Quel regard portes-tu sur le coach Ben Legat? As-tu un modèle dans le coaching?

Difficile de parler de soi. Je dirais que c'est le côté humain qui passe avant tout. Je déteste laisser quelqu'un de côté, la sélection est un exercice qui s'apparente pour moi à un vrai calvaire. Surtout quand on sait qu'ici aucun joueur n'est payé...



Parmi les coachs que j'ai connus, c'est Michaël Dutrieux dont je garde le meilleur souvenir, et je ne dis pas ça parce que nous sommes amis et qu'il est le parrain de ma fille. Mais son approche, ses préparations d'entraînements, sa psychologie expliquent selon moi les bons résultats qu'il a obtenus. Et puis, c'est quelqu'un de bien. Malgré ses diplômes, il reste humble. Ce n'est pas le cas de tous ceux que j'ai fréquentés et qui m'ont parfois déçu...

 


jeudi 26 août 2021

Johan DEVOS préface Templeuve - Luingne (2A)

 Parmi les rares matchs qui ont pu être joués la saison dernière, Isières s'est déplacé à Luingne. Et lors de l'ouverture de la P2A version 2021-22, Johan Devos et ses hommes se sont offert le scalp de Templeuve. Nous avons donc pu solliciter le coach isiérois et lui demander de nous livrer son regard de technicien sur la belle affiche programmée ce dimanche 17h30 à la Providence. 




Luingne carbure déjà au super

"Ce n'est vraiment pas évident de juger après une seule rencontre. Les deux équipes ont un gros potentiel offensif, et sont bien balancées. Luingne respire la confiance, mais on n'est jamais autant en danger que quand on enchaîne les victoires. Cette équipe propose un jeu léché, ses joueurs sortent beaucoup de position, surtout chez eux, mais ce sera aussi possible sur le grand terrain templeuvois. Dans cet effectif de qualité, la paire Émile Windal - Théo Bulteel est particulièrement impressionnante."


                                                                       

"Giovanni sera certes privé de la force de frappe de Renaud Reheul, mais il peut entre autres compter sur un Guillaume Devos pour le remplacer."


                                                        

                                                                                                                                                                     © Thierry Daussin


Danger, bête blessée!

"À l'opposé, Templeuve est ressorti déçu de son entrée en matière et semble encore en rôdage. Mais gare à la réaction d'orgueil! Après cette défaite initiale, on peut s'attendre à une sérieuse remobilisation de leur part. Jean-Do va mettre un gros coup de pression et galvaniser ses troupes. Probablement effectuera-t-il l'une ou l'autre modification à son onze de départ. Il pourrait bien récupérer quelques forces vives, je pense aux Tangle, Bruchet, Seignez, voire David Roland."


                                                         

                                                                           Christopher Bruchet                                                                          David Roland à l'entraînement avec son coach et T2, Alain Hoet

Attention aux phases arrêtées

"Contre nous, j'ai beaucoup apprécié le jeu de position et les courses d'Ibrahim Andal, qui provoque dès la sixième minute un sauvetage décisif de mon gardien David Van Nieuwenhuyze, et qui parvient à le tromper à sa deuxième tentative. Luingne devra aussi se méfier de leurs phases arrêtées, sur lesquelles ils sont très dangereux avec cinq ou six beaux gabarits d'1m85-1m90..."

Vers un match serré

"Même si la saison ne fait que commencer, il ne me paraît pas exagéré de parler de match capital pour les Templeuvois. Un nouvel échec les verrait déjà décrochés à six points par un rival direct. Mais c'est tout sauf facile d'aller gagner à la Providence. Un nul me semble envisageable, voire une courte victoire de Templeuve."


vendredi 20 août 2021

Giovanni SEYNHAEVE (RFC Luingne): "Nous cherchons à produire un football de qualité"

Ancien latéral droit ayant connu le plus haut niveau à l'Excelsior Mouscron, passé ensuite entre autres par Tubize et Péruwelz avant de terminer sa carrière dans les divisions provinciales flamandes, le Mouscronnois de 45 ans a découvert le coaching avec les U16 Élites de l'Excel, avant d'intégrer le staff du noyau pro comme adjoint de Fernando Da Cruz. Il entame sa quatrième saison à Luingne, où il est initialement arrivé pour seconder son ami Steve Dugardein.



Comme vous pourrez le constater, il y a une remarquable adéquation entre les principes énoncés par le coach et le ressenti de ses joueurs, ce qui est le signe évident d'une parfaite authenticité. Indiscutablement, Giovanni fait ce qu'il dit...

Côté Coach: On parle toujours aujourd'hui en France du jeu à la nantaise. Toutes proportions gardées, peut-on semblablement évoquer un jeu à la luingnoise?

Giovanni: La référence me plaît, en tout cas! On essaye effectivement de jouer au foot, de repartir proprement de l'arrière et de progresser vers l'avant par une circulation de balle fluide. Quand c'est possible, bien sûr. Car certains terrains de provinciales nous ont déjà joué des tours...

CC: Comment travailles-tu ce jeu construit à l'entraînement ?

Giovanni: Beaucoup de possessions de balle, de jeux de conservation dans les petits espaces. Savoir s'en sortir quand le champ est restreint, cela prépare à la situation rencontrée quand il y a un gros press de l'adversaire, sur le gardien ou nos défenseurs notamment.




CC: Mets-tu également au point des automatismes offensifs en répétant des phases avec lignes de course prédéfinies?

Giovanni: Très peu. Pour moi, il y a deux conceptions correspondant aux deux moitiés de terrain. Dans la partie défensive, il faut être intransigeant dans l'énoncé et le respect des consignes. Dans la partie offensive par contre, je suis d'avis qu'il faut laisser s'exprimer librement l'instinct et la créativité des attaquants, pour autant qu'ils ne la jouent pas perso, mais qu'ils s'inscrivent toujours dans le collectif. Pour moi, robotiser est contraire à l'esprit du foot. Les automatismes viennent avec le temps. Quand les équipiers se connaissent, ils savent qu'un tel va écarter, qu'un autre va demander dans la profondeur...



© rfcluingnois.be

CC: À quel pourcentage évaluerais-tu l'importance du synthétique dans la qualité de votre jeu?

Giovanni: Énorme, je dirais facilement 70%. Cette surface favorise le jeu rapide, ce qui est très important. Et comme je le disais précédemment, cela nous oblige à nous adapter d'un week-end à l'autre aux surfaces en herbe.

CC: Pour obtenir la victoire, selon toi, c'est d'abord marquer un but de plus ou en encaisser un de moins?

Giovanni: Encaisser un but de moins. C'est peut-être l'influence de mon passé de joueur à vocation défensive, mais j'accorde une grande importance à l'organisation. La priorité est de poser les bases arrière.

CC: La griffe Giovanni Seynhaeve sur un groupe, c'est quoi?

Giovanni: Je pense d'abord être le plus positif possible, discuter, tout en sachant dire les choses quand ça ne va pas, mais les dire posément. Je n'élève que très rarement la voix. Je suis proche de mes joueurs sans l'être trop. 



Sur le plan du jeu proprement dit, essayer de poser le ballon, lever la tête, donner-bouger, ce qu'on travaille via les passer-suivre en semaine. Bref tenter de développer un football de qualité.

CC: Au niveau du foot provincial, quelles sont selon toi les composantes les plus importantes entre physique, mental, technique et tactique?

Giovanni: La mentalité passe bien avant le talent, encore plus en provinciales. Le comportement est capital, l'engagement, la motivation. A fortiori en déplacement, sur des petits terrains, où les duels sont encore plus nombreux. Au niveau tactique, les surprises sont très rares. La plupart des équipes évoluent dans un schéma classique (4-3-3). C'est le cas chez nous, et chacun connaît sa zone et les tâches à accomplir pour la maîtriser.





Le coach vu par ses joueurs

Jérôme DELECLUSE, 27 ans, défenseur et capitaine: "La carrière de Giovanni fait de lui un homme naturellement respecté dans le milieu. Sa vision du foot, c'est tout simplement venir au stade pour s'amuser et jouer au ballon. Très peu de physique pur, beaucoup de ballon, ce qui fait notre force, surtout à domicile sur notre beau terrain. Il a aussi la grinta et nous communique l'envie de se battre l'un pour l'autre. En dehors, c'est un peu notre pote, il n'est pas le dernier, comme on dit, ce qui renforce la cohésion du groupe. Ses causeries sont très brèves, un mot ou deux sur chaque ligne et le travail à accomplir. Il insiste surtout sur l'organisation défensive et le mouvement de nos offensifs. Le coach aime varier les systèmes même si notre 4-2-3-1 est le plus efficace car il y a une densité au milieu et énormément de mobilité devant."


                                                    



Émile WINDAL, 20 ans, médian: "Giovanni est avant tout un coach super proche de ses joueurs. Constamment à l'écoute et présent pour chacun. Son gros point fort est d'arriver à maintenir une grosse ambiance de camaraderie et de vie au sein du groupe, tout en restant très exigeant sur le terrain. S'amuser en étant sérieux et appliqué, c'est sa façon de faire la part des choses. Il sait créer un climat positif, que ce soit dans des petits jeux de compétition, ou dans des gages à réaliser en cas de défaite.




 Un vendredi sur deux, il organise le jeu de la latte, où les deux derniers doivent porter le "maillot qui pue" pour la quinzaine à venir... Une conjugaison de moments cool et fun, et d'autres où la rigueur et le sérieux sont de mise. 



Gros point positif pour nous les joueurs, c'est que tout se fait avec ballon: 95% du travail. Son passé de footballeur lui permet sans doute de comprendre que ce n'est pas forcément agréable de courir ou de s'entraîner sans ballon; il l'inclut dès lors au maximum dans ses séances. L'esprit de compétition instauré permet d'être sûr que chacun se donne à fond, et donc travaille physiquement sans forcément s'en rendre compte. Ensuite le coach est un partisan du beau football. À l'entraînement, on fait beaucoup de formes jouées et de possessions de balle, avec un grand nombre de variantes, mais toujours dans l'optique d'être performant.




 Niveau tactique, il insiste fortement sur la tâche défensive et sur le fait que ça doit être un travail de groupe: toujours aider le copain. Tout en laissant la liberté offensive, dans un système qu'il affectionne et qu'on connaît parfaitement. Il sait très bien que nous brider avec de multiples consignes ne nous favorisera pas. Autre point fort, c'est qu'il a 100% confiance en ses joueurs. Sur la touche, il ne panique jamais, et l'apport venu du banc reste positif même quand les choses tournent moins bien. 



S'il doit pousser une gueulante et remettre de l'ordre, cela se fera entre les quatre murs du vestiaire à la mi-temps. Il sait quand il doit nous réveiller, mais sans jamais se montrer négatif. Giovanni laisse aussi beaucoup de place à l'initiative. Il prône le dialogue et, quand certains proposent des idées, il est réellement à leur écoute. Ses causeries sont fort orientées sur l'état d'esprit, avec quelques rappels tactiques de base. Comme il le dit lui-même, ce n'est pas un fan des grands développements stratégiques avant un match.




Renaud REHEUL, 25 ans, attaquant, nouveau au club: "Ce que j'apprécie vraiment dans son discours, c'est surtout le fait qu'il ne cache pas ses ambitions. Il a une belle vision du foot, avec beaucoup de liberté offensive, ce qui ne peut que me plaire. Il est proche des joueurs et en même temps, il sait faire la part des choses sur et en dehors du terrain."




jeudi 19 août 2021

Fred Debaisieux préface le derby Péruwelz - Pays Blanc (P1)

Fred DEBAISIEUX, entraîneur principal du RFC Molenbaix, nous livre son regard de tacticien quant au scénario que l'on est en droit d'attendre pour cette belle affiche en ouverture de la compétition: les Antoiniens de Gwen Rustin vont défier les Péruwelziens de Jonathan Krys sur leurs terres. Coup d'envoi dimanche 17h30.



Doublement spécial

"Si l'excitation à l'approche de l'ouverture, surtout après une si longue interruption, concerne toutes les équipes, je me dis que commencer un championnat par un derby est doublement spécial. Cette émulation supplémentaire risque d'alimenter la nervosité. Du coup, la rencontre ne risque-t-elle pas d'être un peu fermée par peur d'entreprendre? Quoi qu'il en soit, c'est vraiment une chance pour notre région d'avoir ce genre de matchs en P1, ainsi qu'aux étages inférieurs; la P2 pour ne citer qu'elle, regorgeant de duels entre voisins, qui font tout le charme de notre sport. Il devrait y avoir une belle assistance, les supporters ayant tout autant hâte que nous."

Pas favori, le beau rôle? 

"Au vu des échos qui me sont parvenus de la préparation et du fait d'évoluer à domicile, les faveurs du pronostic vont sans doute à Péruwelz. Mais ce contexte pourrait justement servir le Pays Blanc. Gwen Rustin ne manquera sûrement pas de s'appuyer là-dessus pour libérer ses hommes avec un discours du style: "Les gars, nous n'avons pas grand'chose à perdre ici, alors bon match et faites-vous plaisir!"

Un bloc visiteur bas?

À l'évidence, les visiteurs ne se présenteront pas la fleur au fusil. Ils devraient évoluer dans un dispositif compact, en 4-5-1, avec un bloc bas qui attendra les locaux et tentera de les punir en saisissant les opportunités en reconversion. Laisser passer le temps, garder le zéro derrière et faire mal en contre devraient être les lignes directrices du coach antoinien. Évidemment, un but rapide des locaux changerait la donne et l'obligerait à revoir ses plans, lançant véritablement le match par la même occasion."

Automatismes péruwelziens

"Le PFC a gardé l'essentiel de son noyau, y ajoutant juste deux ou trois éléments, c'est un avantage réel sur le plan des automatismes. À voir s'ils parviendront à trouver la faille dans l'organisation mise en place. De ce que j'ai pu lire et entendre, le Pays Blanc a connu une préparation un peu plus chahutée par les blessures, les absences et les nouveaux à intégrer. Mais Gwen dispose d'un noyau plus qu'intéressant pour embêter Péruwelz."

Individualités

"Il y a quelques joueurs locaux que je connais bien pour les avoir coachés. Jérémy Delattre est en vacances, c'est une perte. Disposer d'attaquants en forme comme Constant Lenglart et Jordan Menet permet à Jonathan Krys d'aborder ce match avec pas mal d'atouts. Et derrière, Xavier Berthe va apporter toute son expérience à la défense. Dans l'autre camp, Valentin Ramser a le profil pour profiter des quelques situations qui se présenteront à lui. Un ballon axial qui traîne dans la surface ou aux abords, sera synonyme de grand danger. Il y a deux joueurs que j'aime beaucoup pour les avoir côtoyés à Mouscron, il s'agit d'Olivier Huyzentruyt et Luca Ciot. Des bosseurs dotés d'une excellente mentalité. Enfin, même si je ne connais pas sa forme du moment, je n'oublie pas Thomas Boucart, qui avait crevé l'écran il y a deux ans. En tout cas, il y aura du beau monde des deux côtés la pelouse!"